Après la photographie, ce sont les portes du métier de maquilleuse que nous vous ouvrons désormais. Un métier discret et auquel on ne pense pas forcément tout le temps, mais qui est malgré tout indispensable à bien des réalisations artistiques.

Rencontre avec Sophie Renier, maquilleuse strasbourgeoise de  24  ans qui, aujourd’hui, propose de nous en apprendre un peu plus sur ce domaine bien mystérieux.

 

  • Qu’est-ce qui vous a attiré dans ce domaine ?

J’ai grandi dans une famille de cinéphiles et très petite j’ai été plongée dans des univers denses et marquants tels que « Les contes de la crypte », « Dark Crystal », « Beetlejuice », « Shining » etc… Mais j’ai réellement été fascinée par ce métier en regardant – vers l’âge de onze ans – le making off du premier « Alien ». 

Au lycée, mes envies se sont réellement marquées, je voulais exercer un métier qui me permettrait de rencontrer des gens, voyager, être en ébullition et surtout me permettre de faire un travail manuel.
Ce lien avec le cinéma, l’art et la création manuelle a formé un tout, pour devenir une évidence: je devais être maquilleuse.

  • Quels sont les projets et réalisations dont vous êtes la plus fière ? Pourquoi ?

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La première photo (réalisée par Charlotte Aleman – modèle Sophie P.) est une photographie très visuelle, j’aime les couleurs choisies par la photographie, l’atmosphère très ‘cirque’, un peu carton-pâte – mais pas cheap – qui s’en dégage. Le dynamisme de l’image et la mise en scène nous plongent réellement dans l’univers de la photo. Pour moi ça a été l’occasion de fabriquer une paire de faux cils un peu particulière, je me suis beaucoup amusée, avec une chouette équipe.

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La seconde (toujours réalisée par Charlotte Aleman – modèle K-ro), là encore la mise en scène nous raconte une histoire. On peut imaginer que c’est juste un instantané de quelque chose de plus grand, tout un univers. De plus j’ai un gros faible pour l’iconographie religieuse. Ici l’intérêt était de jouer sur le noir et blanc, intensifier et créer du contraste – j’ai aussi aimé fabriquer la couronne en fleurs de coton. J’avais carte blanche pour le maquillage et la mise en scène, c’est cette liberté qu’il est possible d’avoir dans ce métier qui est un vrai moteur.

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La dernière photo (réalisée par P-mod – modèle Shaine) est purement ce que j’aime faire, de la création pure, de la matière, des contrastes et des reliefs. J’avais carte blanche dans la réalisation. J’aime la beauté pudique de cette photo.

  • Que faire lorsqu’on débute dans ce domaine ?
    Avoir le feu et ne pas hésiter à taper aux portes. S’entraîner beaucoup sur soi ou sur ses amis, toujours apprendre. Se remettre en question et se donner les moyens d’évoluer. Il est également nécessaire d’avoir beaucoup de patience car les débouchés sont difficiles, par ailleurs il faut savoir que la maquilleuse est toujours la première à arriver sur les lieux du tournage / shooting photo, pour être la dernière à partir.

 

  • Quel est votre parcours ? Pourquoi avoir changé de voie pour vous lancer dans ce domaine ?
    Après une Bac L je me suis dirigée vers une fac de Lettres en sachant que j’allais me réorienter vers une formation plus artistique et manuelle par la suite. J’avais besoin d’un travail créatif, manuel où je pourrais être relativement libre d’expression et c’est pour cela que j’ai voulu me tourner vers le métier de maquilleuse.
  • Qu’est-ce qui aurait pu vous dissuader de faire ce métier ?
    La difficulté d’en vivre, la précarité du milieu où on ne sait jamais à quel point on va pouvoir travailler d’un mois sur l’autre. Taper aux portes et se vendre est quelque chose de difficile, il faut faire ses preuves et avoir de l’assurance.
  • Dans quoi puisez-vous votre inspiration ?
     J’ai une quantité folle de sources d’inspirations. Je puise l’inspiration partout, dans ce qui me fascine, me touche, me choque ou m’interpelle; dans toutes formes d’art, de récits, de beautés…
    Il y a évidemment la peinture avec Jean-Michel Basquiat, Giger ou encore Frida Kahlo, la photographie avec Cindy Sherman pour ne citer que quelques artistes. De grands maquilleurs comme Kevyn Aucoin pour sa technique et Alex Box dont l’univers est si dense.
     Bien évidemment le cinéma a une place toute particulière, avec des classiques comme « Moonrise Kingdom », « Dracula », « Noi Albinoi », « The Rocky Horror Picture Show », ou plus récemment « The Fall ». Des séries comme « True Detective ». Des réalisateurs comme Michel Gondry, Quentin Tarantino ou Wes Anderson.
     Outre ces inspirations visuelles je pourrais parler de ce que m’inspire la littérature, l’Histoire, la religion, la musique, la culture pure et les voyages aussi. Les atmosphères et les émotions….
     En bref, j’ai beaucoup de héros et je pourrais en ajouter une centaine à cette liste. Leur point commun est qu’ils réalisent des œuvres pleines de sens et débordantes d’inspiration. C’est fascinant et j’éprouve une intense excitation quand j’imagine tout ce que j’ai encore à apprendre.
  • Pourquoi vous être installée à Strasbourg ? Cela représente-t-il un avantage pour votre métier ?
    Je me suis tout d’abord installée à Strasbourg pour suivre ma formation de maquilleuse / maquilleuse d’effets spéciaux.
    On finit par développer un réseau de gens passionnés qui veulent créer comme nous. La construction d’un tel réseau est perpétuelle, mais il est clair que sur Strasbourg il y a pleins de projets audio visuels et photographiques excitants. Il faut juste pouvoir se faufiler où il faut.
  • Que dire sur la communauté d’artistes Strasbourgeois ?
    Elle est importante et diversifiée. J’ai rencontré durant les 4 dernières années des gens tout à fait passionnants et singuliers. J’ai hâte d’en rencontrer encore, car je sais qu’il y a un grand potentiel ici.
  • Avez-vous plus de possibilités de collaboration avec l’Allemagne ou d’autres pays grâce à votre localisation?
    Je n’ai jamais cherché au-delà de la frontière mais forcement notre région nous offre un avantage considérable. Je ne parle que très mal l’allemand, mais la richesse de la proximité offre sans aucun doute de nombreuses possibilités à explorer.
  • Quel est votre endroit préféré à Strasbourg ?
    Le parc de Pourtalès, le port de plaisance le long du Rhin, le centre historique est bien entendu sublime. Les différents ponts de la Petite France et les magnifiques vues qu’il y a lorsqu’on est dessus.

 

Envie d’en savoir plus sur ses œuvres et projets ? Vous pouvez avoir accès à sa page au lien suivant : www. sophierenier.book.fr

 

F.Q.

 

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