« De manière inconsciente, je crois, je guette un regard, une expression, des traits ou une nostalgie capable de résumer ou plus exactement de révéler une vie. » a dit Steve McCurry, un célèbre photographe américain plus connu pour ses œuvres Regards d’Orient, pour essayer de décrire ce métier à la fois complexe et quelque peu mystique mais aussi attirant, saisissant et de plus en plus apprécié qu’est le métier de photographe.
Rencontre avec Charlotte Aleman, une jeune photographe strasbourgeoise de 28 ans, pour tenter de faire tomber les masques et révéler au grand jour la véritable essence de ce métier captivant.

 

Quels est votre parcours? Qu’est ce qui vous a attirée dans le domaine de la photographie?

Je suis issue des Beaux-arts. Avant cela, j’ai obtenu un bac option Histoire de l’Art et Art plastique. Autant dire que j’ai toujours été attirée par les images. J’ai besoin de pouvoir utiliser ma créativité et mon imagination au quotidien. Un autre point qui a beaucoup fait pencher la balance, est le besoin d’indépendance. Je ne suis pas faite pour travailler dans un bureau à horaires fixes. Concrètement je travaille 7/7 près de 10 heures par jour, et cela ne me pose aucun problème.

Avec quel type de personne travaillez-vous majoritairement?
Je travaille avec des personnes extrêmement variées. Et c’est une des choses que j’affectionne dans ce métier, il n’y a pas de routine, et il est continuellement demandé de s’adapter. Je photographie des particuliers qui n’ont jamais posé et qui ont envie de se faire plaisir ou d’offrir à quelqu’un de belles photos. Il y a des acteurs et des modèles qui veulent étoffer ou mettre à jour leur book photo, des groupes de musiques, ou des agences qui passent des commandes pour toutes sortes de choses (Publicité, photos culinaires, portraits)

Quels sont les compétences requises pour être photographe ?
Je pense qu’il faut être passionné, être à la fois créatif et bon technicien, et avoir une bonne capacité d’adaptation. Il ne faut pas oublier le côté humain car il n’est pas facile pour tout le monde d’être devant un objectif. J’ajouterai donc l’empathie et la patience.
C’est un métier difficile avec beaucoup d’appelés et peu d’élus. J’ai appris que le métier de photographe est arrivé en 1ère position dans le palmarès des métiers 2014. C’est un métier qui fait rêver, mais dont il est difficile de vivre.

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Quelles préparations/recherches faites-vous en amont de votre travail?
Tout dépend du type de séance. Pour une séance type portrait en studio, je discute en amont avec le/la future modèle. J’aime que les personnes m’envoient une sélection d’images qu’elles aiment, et auxquelles elles s’identifient. Quand j’ai cerné les attentes, je fais des propositions. Je discute avec la maquilleuse pour définir ce qui conviendra le mieux, puis j’anticipe ma séance en la découpant par thème.
Par exemple, je vais décider de commencer par des portraits serrés avec un arrière-plan gris bleuté, et une lumière douce. Cela nous permettra de choisir la tenue adéquate et le maquillage. Je fais ensuite quelques tests de lumière, et quand je suis prête, nous pouvons commencer à travailler. Dans certains cas les gens sont très à l’aise, dans d’autres, c’est à moi de guider le modèle pas à pas tout en le/la rassurant. Puis idem avec une deuxième thématique.

Qu’est-ce que vous préférez dans votre métier?
A ma sortie des Beaux-arts j’aurais pu directement me lancer. L’école de photo de mes rêves n’était qu’à un pas, et malgré le soutien de mes enseignants, et le diplôme obtenu avec les félicitations du jury, j’ai eu peur et j’ai fait des études de droit pour avoir un « vrai métier ». Résultat, je n’ai quasiment pas touché d’appareil photo pendant 3 ans, et j’étais déprimée du soir au matin. Pour répondre clairement, la peur et le manque de confiance auraient pu m’empêcher de me lancer. J’ai eu la chance de recevoir des gros coups de pieds aux fesses !

Où puisez-vous votre inspiration ?
Je suis avide d’images. Quand j’achète des magazines pour passer le temps dans le train, j’ai tendance à découper et arracher les pages parce que j’y trouve une lumière ou une composition d’image intéressante. Je suis tout le temps à l’affût d’une idée, et tout devient une source d’inspiration. La lumière de certains films, l’ambiance d’un livre, une exposition… J’ai des dizaines de carnets et je prends des notes tout le temps. Comme je ne peux pas choisir de mettre cette fonction sur pause, je suis devenu photographe.

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Quels conseils ou mise en garde donneriez-vous à quelqu’un qui souhaiterait exercer votre métier ?
Si tu cherches l’argent ou la gloire, passe ton chemin. Par contre si tu es passionné, n’écoute pas les vieux photographes qui essaieront de te dissuader d’en faire ton métier.

Pourquoi vous être installée à Strasbourg ? Cela représente-t-il un avantage pour votre métier ?
Je suis arrivée à Strasbourg en 2009 pour mes études. J’ai validé une licence de Droit à l’université Robert Schuman, pour finalement reprendre la photo immédiatement après. J’ai découvert une ville très agréable, verte, et culturellement très active.

Avez-vous déjà travaillé sur un projet en lien direct avec la ville de Strasbourg ?
J’ai installé mon studio photo à plusieurs reprises dans les musées de la ville pour les évènements de « Strasbourg mon Amour ». J’ai eu la chance d’y photographier des couples sur des thèmes tels que les films noirs ou la peinture du 18ème.

Quel est votre endroit préféré à Strasbourg ?
Je suis très casanière, le meilleur endroit du monde, c’est chez moi !

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Envie d’en savoir plus sur ses œuvres et projets ? Vous pouvez avoir accès à sa page au lien suivant : http://charlottealeman.com/

FQ.

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