Le Krav Maga est l’un des arts martiaux les plus jeunes et est attribué à la culture israélienne. Longtemps méconnu en France, ce dernier se voit toutefois accordé une importance croissante depuis quelques années, notamment grace au travail de la Fédération Europeenne de Krav Maga qui compte plus de 16.000 membres.

Rencontre avec Gilles HASSINE, professeur Ceinture Noire 5eme DARGA FEKM de Krav Maga (Fédération Européenne de Krav Maga) et ancien vice-champion de boxe, pour en apprendre davantage sur cette discipline fascinante.

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  • Qu’est-ce qui vous a attiré dans ce domaine?

C’est l’idée d’invincibilité qui m’a poussé à faire des arts martiaux. Dans ma jeunesse, j’avais besoin de trouver un moyen de m’affirmer, et de me faire respecter, je cherchais à me forger une identité. Aujourd’hui, avec le recul, je comprends que se faire respecter par la crainte n’est pas un bon moyen, mais à l’époque je pensais que c’était la bonne solution.

  • Quel type de personnes pratique le plus ce sport avec vous ?

Plus de garçons et généralement adultes pratiquent ce sport avec moi. Pendant des années on avait très peu de femmes mais depuis 4 -5 ans on assiste à une démocratisation de la discipline et donc à une forte augmentation du nombre de femmes licenciées.

  • Avez-vous déjà collaboré avec d’autres professeurs d’arts martiaux pour un projet commun ? Que cela vous a-t-il apporté ?

Oui, nous avons déjà organisé des stages multi-disciplines. L’idée étant de faire comprendre aux élèves qu’il y a à apprendre dans toutes les disciplines et de créer une émulation entre plusieurs groupes. Du point de vue personnel, j’ai vraiment ressenti le plaisir de transmettre, mais pour les élèves c’était vraiment l’occasion de découvrir d’autres  sports de combat ce qui est positif car, pour moi, il faut se consacrer à une discipline sans être fermé aux autres. On ne peut pas pratiquer et être bon dans tous les sports de combats en même temps (d’un art à l’autre, les techniques et postures peuvent être différentes voire contradictoires), mais il ne faut pas s’y fermer pour autant.

  • Que faire lorsque l’on débute dans ce domaine : en tant que professeur et en tant qu’élève ?

En tant que professeur, il faut faire connaître son association et donc jouer sur la communication. Après c’est le bouche à oreille qui compte beaucoup et la rigueur installée au sein de l’association qui finit par payer : si quelqu’un ment sur ses compétences, cela finira par se savoir, il faut être juste et rigoureux dans sa façon de gérer l’association et donner ses cours. Par la suite, il faut continuer à se former soi-même en permanence pour pouvoir apporter de la nouveauté à ses élèves

En tant qu’élève, le gros du travail se fait en dehors du cours. Une fois qu’on sort de la séance, il faut s’investir en amont et donc s’entraîner à l’extérieur. Pour progresser il faut travailler son fond, faire en sorte de donner la capacité à son cœur de travailler longtemps, faire des assouplissements et du renforcement musculaire soi-même. On ne peut pas tout travailler en cours car on a trop peu de temps en une séance pour tout voir en profondeur, ce n’est pas non plus le cours qui peut fournir de la constance  à l’entraînement, celui-ci donne simplement des outils, mais pour progresser c’est aux élèves de s’entraîner à côté. De plus,  ils doivent travailler sur eux-mêmes pour apprendre à gérer toute leur énergie pour ne pas finir rapidement fatigués et/ou blessés.

 

  • Comment décrieriez-vous la mentalité des personnes pratiquant le Krav Maga ?

Il n’y a pas un type exact de pratiquant, compte tenu du contexte actuel beaucoup de gens viennent dans l’idée d’apprendre à se défendre et à canaliser leurs angoisses et leur stress. Avec le temps, le Krav Maga va les calmer, les rendre meilleur, car ils vont gagner en assurance en voyant leur silhouette se transformer ce qui leur donnera plus de quiétude et de sérénité. D’un point de vue pratique, cela aiguisera leurs sens (équilibre, observation, anticipation, etc.…), on dit que le Krav Maga bonifie l’intellect. L’âge fait également varier les attentes quant à la discipline elle-même, quand on a 50 ans on ne cherche pas fondamentalement la même chose qu’à 20 ans même si les résultats tirés de la pratique seront les mêmes au final.

  • Quelle est la qualité la plus importante pour être en adéquation avec l’esprit du Krav Maga ? 

La détermination et l’humanisme sont essentiels même s’il n’y a pas que ces qualités. Si on n’aime pas la vie on ne donne pas tout pour se défendre, alors que si on aime la vie, on donne tout pour ne pas la perdre, c’est cet état d’esprit qui nous fait progresser. En tant que professeur, il y a également une notion de bienveillance, pour bien enseigner, on doit faire attention à ses élèves comme à ses enfants plus ou moins. C’est aussi la détermination qui permet de s’améliorer puisqu’il faut travailler avec une certaine constance et chercher en permanence à s’améliorer sur différents points (puissance, technique, etc…).

  • Pourquoi le Krav Maga ? Qu’aimez-vous dans cet art martial que vous ne retrouvez pas dans d’autres arts martiaux ?

Ce que j’aime dans le Krav Maga  c’est que c’est une discipline sans limites prédéfinies, on peut toujours trouver de nouvelles situations à mettre en pratique. Il y a également une certaine logique, un état d’esprit, des principes qui en font un art martial intelligent et redoutable. Une fois que ces principes sont acquis on trouve nous-même des solutions pour s’adapter à chaque situation. Il n’y a pas de certitude dans cet art, ça laisse énormément de possibilités. C’est aussi un plaisir pour moi de transmettre la culture Israélienne, ce qui me touche particulièrement compte de tenue de l’image qu’on en communique généralement à propos de ce pays et qui est parfois négative. De plus, j’aime le fait qu’on puisse rapprocher des personnes d’origines différentes sur un tatami, voir ce sport comme dénominateur commun à des personnes de différents horizons.

  • Pouvez-vous nous résumer brièvement l’essentiel à savoir à propos de ce sport qui est encore assez méconnu en France ?

C’est un sport de combat qui tire ses origines de la 2nde Guerre mondiale, le fondateur était un Tchécoslovaque du nom d’Imi Lichtenfeld et qui était champion de lutte et de boxe. Il a créé ce système pour que la communauté juive de laquelle il était issu puisse se défendre des attaques nazies à Bratislava. Par la suite, il a immigré en Israël où il a vite été reconnu comme étant un superbe combattant et a continuer à développer et enseigner cette discipline au sein de l’armée.

  • Qu’est-ce que vous préférez dans votre métier ?

Ce que je préfère c’est la satisfaction que je tire à voir les gens venir et repartir des cours avec le sourire et à les aider à se sentir meilleurs au point de vue physique comme psychologique ainsi qu’à passer des grades. Rien n’aurait pu me dissuader de faire ce métier, je vis de ma passion et elle me le rend très bien.

  • Pourquoi vous être installé à Strasbourg ? Cela représente-t-il un avantage pour votre métier ?

Il n’y avait pas de club de Krav Maga dans la région, et pour moi c’était un défi que de faire découvrir cette discipline. Etant amoureux de Strasbourg, j’ai décidé d’y rester.

  • Avez-vous déjà travaillé sur un projet sportif en lien direct avec la ville de Strasbourg ?

Nous avons en effet participé à la rentrée des sports lors de la Foire Européenne, événement durant lequel un grand hall est dédié à toutes les associations sportives et l’on peut y faire découvrir nos disciplines par le biais de démonstrations et fournir des renseignements directs aux personnes intéressées.

  • Que dire sur la communauté sportive de Strasbourg en ce qui concerne les arts martiaux ?

Nous  avons de grands champions à Strasbourg, j’ai la chance de connaître certains d’entre eux comme notamment Steeve VALENTE qui donne des cours au sein de notre club par exemple.

  • Quel est votre endroit préféré à Strasbourg ?

Spontanément, je répondrais : le parc de l’Orangerie et mes salles de Krav Maga. J’aime l’ensemble de la ville à plus grande échelle, il est difficile de trouver un endroit en particulier. La rue Sellenick reste toutefois ma préférée car c’est là que j’ai grandi après mon arrivée à Strasbourg.

 

Envie d’en savoir plus sur son association et ses  projets ? Retrouvez sa page au lien suivant : www.strasbourg-kravmaga.com / strasbourgkravmaga@gmail.com

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